Les  fausses Soeurs

Les Fausses soeurs

Connaissez-vous les différences entre bhujangasana ( le cobra ) et urdhva mukha svanasana ( le chien tête en haut  )...

Lien vers Fiche technique pour Bhujangasana I


Lien vers Fiche technique pour urdhva mukha svanasana

Ces deux fausses soeurs sont souvent confondues alors qu'elles sont très différentes... Alors d'où vient cette confusion qui est à mon avis une source de blessures possibles dans le bas du dos.
Bhujangasana ( la posture du cobra ), c'est l'histoire du cobra sortant de son panier d'osier qui se redresse comme ensorcelé par le son de la flûte du charmeur de serpent. N'ayant aucune oreille externe le cobra est sourd comme un « pot ». Il se redresse afin de mieux percevoir les vibrations causées par le son au travers son corps jusqu'à son système nerveux.


Le cobra, le plus long serpent venimeux, fascine. Il est à l'origine de nombreux mythes. Diabolique pour certaines cultures et bienfaisants pour d'autres. Shiva, dieu du yoga, est représenté avec des cobras autour du cou, symbolisant ainsi la puissance de la transformation transcendant la mort. Pour le yoga, il symbolise la kundalini, force vitale de vie logée dans le bas de la colonne vertébrale. Dans une pratique plus ésotérique du yoga, les asanas ont pour but d'éveiller cette énergie. Bhujangasana I et II, sont les postures qui incarnent le mieux cette volonté d'éveil de la kundalini.

D'un point de vue postural, les effets physiologiques de Bhujangasana sont beaucoup plus puissants que dans Urdvha mukha svanasana. Bhujangasana est un achèvement posturale sorte d'apothéose qui se vérifie dans sa version finale.

Je conclue de ma pratique personnelle que Urdhva mukha svanasana reste une posture de transition utilisée dans une séquence dynamique comme Surya namaskar ( salutations au soleil ) ☀️ . Le chien est perçu dans beaucoup de cultures traditionnelles comme un fossoyeur, un animal impur qui nettoie les restes de nourriture ou de cadavre. Surya namaskar est destinée à être pratiquée au lever du soleil, afin de réveiller le corps et de le nettoyer des impuretés engendrées par la nuit. D'où l'idée que urdvha mukha svanasana, à l'image du chien qui nettoie les rues, détoxifie notre corps et de nos impuretés.

Dans cet ordre de conception, urdhva mukha svansana est réservée au «nettoyage» tandis que bhujangasana, posture plus noble, est destinée à l'éveil. L'une à la transition, l'autre à la finalité.
Bhujangasana se pratique avec le bassin qui reste au sol, les pieds et jambes joints. La version finale, II, s'effectue à partir de la force et de l'extension maximale du dos; la plante des mains allant se lover au dessus de l'intérieur des genoux.

Urdhva mukha svanasana, se pratique avec les jambes et pieds séparées et tendues au dessus du sol. Les bras sont tendus et le buste monté tandis que le bassin vient se lover au dessus des mains. Il est impossible d'atteindre ainsi une extension maximale du devant de poitrine et du dos.Bhujangasana devrait être enseignée aux débutants avec beaucoup de modération avec l'idée que c'est l'avant de poitrine qui s'allonge en évitant dans les premiers temps de solliciter les lombaires. Il y a des étapes à respecter, lever de la tête du sol, épaules qui se cambrent vers l'arrière puis lever du sternum jusqu'au moment où les bras doivent trop agir pour continuer l'action. S'arrêter là dans les premiers temps.


J'aime beaucoup enseigner urdhva mukha svansana aux débutants à partir d'une chaise. Ce qui leur permet de comprendre plus facilement que l'important est que les jambes se tendent en se décollant du sol et la poitrine monte en roulant les épaules vers l'arrière, et que toute la force de la posture doit venir des bras fortement tendus. Le fait de ramener le bassin vers les mains n'est pas l'essentiel et exige du temps pour que le corps puisse s'assouplir et les muscles du dos s'affermir.