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Ardha chandrasana

Ardha chandrasana..

Le triangle qui s'envole.

Les tribulations de Chandra...

Chandra est connu pour ses déboires amoureux. Tout d'abord il tomba amoureux de Tara qui était alors l'épouse de Brihaspati, personnification de la planète Jupiter. Pour restituer Tara à son légitime époux, les dieux combattirent Chandra et Shiva conserve depuis un croissant de lune sur son chignon. Tara eut un enfant, Budha (différent du Bouddha Gautama), personnification de la planète Mercure, qui en voulut toujours à son père de n'être qu'un batard.

Il épousa les vingt-sept filles de Daksha les Nakshatras (Ashwini, Bharani, Krittika, Rohini, etc.) qui sont identifiées aux constellations à la condition qu'il traite toutes ses épouses de façon équitable; mais Rohini devint rapidement sa favorite et il délaissa ses autres épouses. Daksha maudit Chandra et le fit progressivement diminuer de taille (décroissance de la lune). Sur le point de disparaitre complètement il pria Shiva d'intervenir en sa faveur en promettant à nouveau de s'occuper de toutes ses épouses.

Dans une version alternative ce sont ses épouses mêmes qui intercèdent auprès de leur père pour lui rendre une taille normale. Incorrigible, il continua à considérer Rohini comme le seul amour de sa vie ce qui entraina une nouvelle punition de la part de son beau-père.

On raconte que lors du festival en l'honneur de Ganesh, Chandra s'était moqué ouvertement de lui, car il avait trop mangé et il était tombé de sa monture. 
Oubliant toute réserve, Ganesh avait cassé une de ses défenses pour l'expédier en plein dans la lune (ce qui explique la tache sombre que l'on y voit) puis il avait fait disparaitre la lune de l'univers. Mais cette disparition entraina quelques problèmes et Shiva dut intervenir pour rétablir l'ordre cosmique. Ganesh condamna Chandra à disparaitre qu'un seul jour par mois mais il lui interdit de paraitre lors de son festival, le Ganesh Chaturthi.


Ardha chandrasana, asana au coeur du présent..


( ardha:demi, chandra: dieu de la lune asana: posture ) Posture en l'honneur du dieu lune.

Posture d'équilibre véritable apothéose de trikonasana dont il constitue la suite logique. C'est une peu comme si l'austère trikonasana allait s'envoler, léger, libéré  en hommage à ce dieu volage.

C'est pour moi un des asana qui symbolise le mieux la notion de HATHA YOGA, le yoga de l'action ou encore la conjonction des mots HA: soleil, THA: la lune et enfin yoga l'union. Ardha chandrasana, posture difficile nous pousse à réaliser l'harmonisation de la dualité qui nous anime vers l'état d'équilibre, le yoga. HA, le soleil représente la conscience, le soleil de notre être et THA la lune, nos états transitoires dominés par nos émotions, nos sens tel les cycles de naissance et disparition de la lune.


Lorsque nous trouvons l'équilibre parfait, c'est à dire l'harmonisation de nos énergies entre un effort musculaire soutenu par la volonté, une ouverture des hanches, une ouverture du coeur qui s'offre au ciel avec les bras qui s'offre tel deux ailes d'un oiseau s'ouvrant vers la liberté et enfin les 5 sens et les organes d'actions sont concentrés dans l'action de la posture, alors nous parvenons à un état de yoga, état de légèreté et de de paix qui fait disparaitre le transitoire et nous amène au coeur de l'âme universelle. Nous sommes installés dans un état de liberté au coeur du présent.

Fiche Technique, cliquez sur le lien...

Sens de direction et centre de gravité

C'est une posture qui permet d'explorer les 2 aspects qui, selon BKS Iyengar, sont les plus importants dans la pratique des asanas : le SENS DE DIRECTION et le CENTRE DE GRAVITE. Ardha Candrasana, comme les autres postures debout (Utthita Trikonasana, Utthita Parsvakonasana, Virabhrasana 2...), présente une forme géométrique claire avec des mouvements amples des bras et des jambes, qui définissent des lignes et des sens de direction précis. La jambe levée s'étire vers l'arrière (on pousse le pied contre un mur imaginaire); le buste s'étire vers l'avant (on éloigne le sommet du crâne du bassin); le bras supérieur s'étire vers le plafond (on place un poids imaginaire dans la main et on le soulève le plus haut possible). Ces mouvements amples, dirigés dans des directions opposées, permettent d'ouvrir le bassin et la poitrine. Ils permettent aussi de trouver l'équilibre en ajustant le centre de gravité.

Pour faire ardha chandrasana, on part classiquement de trikonasana, en ouvrant correctement les hanches. La jambe arrière se lève et le centre de gravité se déplace. Le triangle ( trikonasana ) s'est envolé.

Apothéose de la série des triangles...

Posture délicate, fragile et en même temps qui demande une grande puissance de la jambe au sol. L'équilibre y est subtil: Il suffit de lever trop la jambe arrière dans un surcroit de volonté, comme c'est souvent le cas dans cette posture , et c'est la perte de l'équilibre. Ou bien d'avoir les hanches trop fermées vers le sol, par manque de préparation ou manque de souplesse, et voici que toute l'énergie vient s'effondrer vers le sol. C'est une posture d'équilibre fragile qui doit se faire avec une action musculaire et une volonté juste ainsi qu'une certaine ouverture du corps.

Elle est l'apothéose, l'aboutissement de la série des triangles, sa conclusion et cette série doit être maitrisée. C'est ce qui la rend si difficile parce qu'elle est exigeante dans sa fragilité parce que «équilibre entre force et légèreté.


Symbolique

Chandra est le dieu de la Lune qui est le fils de Maharishi Atri et Anasuya selon le «Srimad Bhagawat». Il est aussi appelé Nishadipati (Nisha = nuit et Adipathi = Seigneur) ou Kshuparaka (celui qui illumine la nuit). Il est aussi identifié avec le dieu védique Soma. Il fait partie des neuf Navagraha.

Debout sur son char blanc (la lune), tiré par dix chevaux blancs ou bien par une ou deux antilopes, il traverse toutes les nuits les cieux; il est représenté sous l'aspect d'un jeune homme, tenant en main une fleur de lotus et une massue. Parfois il possède deux bras supplémentaires dont une main forme le signe de bénédiction tandis que l'autre tient une urne.


Il préside à la rosée, aux pluies, à la fertilité, aux herbes médicinales qui donnent aux mortels l'opulence et la santé. Il est le récipient de l'amrita, nectar d'immortalité comparable à l'ambroisie des grecs.

Le dieu de la lune provoque certains désagréments comme des troubles respiratoires ou mentaux. Les offrandes de riz, de céréales, de camphre, d'argent, de conques, de santal blanc, de fleurs blanches, de sucre, de lait caillé ou de perles sont faites pour lui plaire.

Appelé aussi Rajanipati « seigneur de la nuit » ou Kshuparaka « celui qui illumine la nuit », il est représenté comme un jeune homme, tenant dans ses deux bras un lotus et une massue. Il mène son char (la lune) toutes les nuits à travers le ciel, tiré par dix chevaux blancs ou une antilope. Dans l'hindouisme, la lune est symbolisée par un lapin.

Il préside aux eaux vitales, aux pluies, à la fertilité, aux herbes médicinales et donne aux mortels l'opulence et la santé. Il est le récipient de l'amrita et épousa 27 filles de Daksha, identifiées aux maisons lunaires (nakshatra).

Il fait partie des navagraha (les « neuf saisisseurs » présidant aux destinées humaines comme aux cycles de la nature) et est le père de Budha (la planète Mercure).