Rencontres

Suite à la certification Iyengar, et ayant un peu "marre" de ce cloisonnement, j'ai crée une page Facebook qui se veut être un endroit de rencontre et de partage entre professeurs de yoga de tous les horizons en Belgique. Nous sommes des solitaires ayant peu d'opportunités pour partager nos questionnements, étonnements , doutes... De caractère plutôt introverti, j'y ai fait de très belles rencontres, d'abord virtuelles et puis réelles, que je vous invite ici à découvrir.  Bon voyage..

Premier voyage de ce nouveau projet que j'espère inspirant, chez Mathilde, Lougall et Nael ( leur premier enfant ).

1/ Kawa, courage, intelligence...

C'est du courage qu'il fallait à Lougal et Mathilde de quitter Beyrouth pour venir s'installer à Namur. Quitter leur studio de yoga qui fonctionnait bien. Quitter les amis, la famille et toutes ses petites habitudes au quotidien d'une ville du Moyen Orient. C'est avec leur économie qu'ils ont crées et aménagé ce premier centre "nouveau genre" à Namur, en plein centre. Petit studio agréable, lumineux qui dégage une bonne énergie. Il fallait oser l'aventure sans aucune garantie de retour. Mathilde attendant son premier bébé dans un nouveau pays, une autre ville, un studio à construire de rien. Je suis admiratif.

Beyrouth


Après le cours, quelque soit l'heure du jour ou de la nuit, j'avais ce rituel d'aller refaire le monde en buvant mon café au bar café du premier coin de rue. Ne pas boire du café pour un yogi, c'est un non sens. Est ce que tu savais que le café était la boisson mise au point par les maître soufis afin de se tenir éveillés pendant leurs longues méditations. Boire son café sur la terrasse du traditionnel coin de rue est un art stratégique et obligatoire au Moyen Orient. C'est un genre de méditation oisive, doucement paresseuse, afin de s'imprégner de l'amplitude qu'a temps qui passe. 

Au delà de la famille, des amis, ce sont ces petites habitudes du rien que je regrette de Beyrouth. Mais c'est là des vestiges du petit Paris du Moyen Orient. « Li Beirut », les paroles des frères Rahbani chanté par Fairuz, qui célébrait la « Dolce Vita » du Beyrouth cosmopolite, adulé par Amin Maalouf , ne sont que vagues souvenirs. Aujourd'hui les belles de la ville ne sortent plus jamais sans leur tapis de yoga. Le legging, qui magnifie la forme des jambes est devenu une obligation, une manifestation du statut social. Etre en possession de la carte du studio de yoga le plus in, et avoir le meilleur chirurgien plastique de la ville parmi ses amitiés sont le must de ce nouveau snobisme. Nous sommes loin du renonçant, du sanyasin, quittant les mondanités du monde pour s'en libérer.

Ville cent fois massacrée, cent fois reconstruite, ville aux identités multiples et indécises, ce yoga « fast food » s'y est vite implanté. Les studios « Hypes » s'y ouvrent et s'y ferment à tous les coins de rue, effaçant ainsi un peu plus la mémoire des lieux. Les formations « yoga Alliance 200 hours » où toute allusion au sanskrit ou à la philosophie millénaire du yoga y sont interdites, pullulent comme des virus. Il y a maintenant plus de professeurs que d'élèves, et oh surprise c'est ce qui nous attends ici »in Brussels. On y "transmet" ce fast yoga, flow, hot, facile, fun, américanisé, décérébré. Business yoga à l'image de ce qu'est devenue la ville, une autoroute urbaine bétonnée qui en perdant ses endroits de silence, a perdu son âme. Les jardins publics, image persane du paradis, ont disparu pour laisser place à la recherche des paradis de silicone.

Corruption, spéculation immobilière, pollution, il y devient difficile d'y élever un enfant. C'est sans billet retour que Lougal et Mathilde viennent de s'établir à Namur. « Ca marchait » bien pour eux à Beyrouth. Leur studio y avait une bonne réputation et ils avaient tout deux réussi à y enseigner un yoga sincère et accessible à tous. Mais, il y a toujours un mais dans une histoire, dans de telles conditions, il y devenait interdit de pratiquer et enseigner un autre modèle de yoga qu'un fitness facile qui fait tout pour flatter l'ego d'une clientèle riche.

C'est avec leur économie que Lougal et Mathilde enceinte de son premier enfant, ont crées et aménagé leurs studio de yoga au centre de Namur. Petit studio agréable, lumineux qui dégage une bonne énergie. Une tentative nouveau genre qui commence à porter fruit. L'idée que le yoga est une gymnastique douce pour « mémères » est solidement implantée à Namur. Changer les idées reçues se fait intelligemment par Lougall et Mathilde. Bouche à oreille, patience, doucement mais sûrement.

C'est virtuellement que j'ai fait leur connaissance, via la page Face de book ( profs de yoga Belgique ). Mathilde y annonçait leur désir d'ouvrir un centre de yoga à Namur. Je suis admiratif devant cette volonté, ce courage de recommencer ailleurs avec les deux pieds sur terre. Mathilde, de mère belge, m'a confié avoir choisit rationnellement leur futur implantation via le Google map.

Parcours atypiques de ces deux là, qui se sont rencontrés via la philosophie que Mathilde enseignait et que Lougall pratiquait. Découverte commune du yoga. Mathilde a séjourné à Pondicherry pour les enseignements de Swami Gitananda Giri et à Pune chez les Iyengar.  Lougal lui a commencé sa pratique avec une une élève d'André Van Lysebeth et  L'évolution celle-ci le pousse à laisser tomber sa carrière dans les finances pour se consacrer au yoga. Plus tard il découvre le natha yoga de Christian Tikhomiroff ( yoga très exigeant en droite ligne des natha yogis ). 

C'est avec un plaisir avoué que j'ai fait la connaissance de la grande érudition de Lougall et de l'humour tendre de Mathilde. Je vous invite aussi à faire leur connaissance.

Ici le petit lien vers la chanson de Fairuz qui célèbre Beyrouth. Fairuz est une des plus célèbres chanteuse du monde arabe, libanaise d'origine.