Nos échappées poétiques et sonores

Voici quelques poèmes, récits et ambiances sonores composés pendant notre confinement. Nous avons ainsi joués à l'introspection et gagner une part de liberté envers cette situation surréaliste encore impensable quelques jours avant.



Le petit bateau.


L'ombre se met en place,
décor crépuscule.

Le fleuve, cet espace,
je, cette duperie,
le tak des heures,
cadence de l'illusion.

La photo, image floue,
entre-deux,
moi, le petit bateau,
Soi.

Frissons,
sur la peau du fleuve,
un instant, un instant seulement,
je ne sais plus.

Petite coque de noix,
n'arrivera pas,
je t'attends,
qui, quoi, comment.

Vous savez,
tout ceux-là,
Brahma, Bouddha, Shiva,
je ne sais pas.

J'ai oublié,
il n'y a que le coeur,
le fleuve,
cet espace.

Lisbonne, février 2020.


Présence

Charleroi, 12 mars 2020
Centrale. ... électrique de Marchienne au Pont en démolition ou à réaménager. Doit on t'on la conserver . Photos et puis par la suite ce texte, lors d'un reportage JT sur la conservation des friches industrielles, le 12 mars 2020.
https://www.rtbf.be/.../detail_marchienne-au-pont-la-rehabili...

Présence.

Rouilles, je suis ruines
Vieille dame, je suis
Ma beauté vient de là,
Inattendue

Maîtresse terrible,
D'un coeur noir,
J'étais noir du combustible,
Charbon

Carbonisant des vies entières,
J'étais Kali,
Maîtresse industrielle,
Culte

Mon coeur noir,
Je suis trace,
Désertée par mes amants ouvriers,
Oubliés.

Charmant fantasme d'acier,
Au village global,
Seconde vie peut être,
Disneyland

Pour quelques temps encore,
Je suis présence,
Pixels fantômes,
Virtuel

Regardez-moi


Je voulais juste dire merci à la forêt de Soignes pour ce petit répit de liberté avant le confinement dur.


Bruxelles 24.4.2020

Pas de photo aujourd'hui... Une petite ambiance sonore à écouter avec un casque en fermant les yeux.Il s'agit de l'ambiance de notre cour en plein centre de Bruxelles, aujourd'hui à 17h. Le chant c'est celui de du petit merle d'à peine quelques centimètres qui vient tous les printemps enchanter nos papilles auditives de citadins. Je dois confesser qu'il y a deux choses que je regretterais de ce temps de confinement, la qualité incroyable du ciel et le silence ( pas de bruit de circulation et d'avion....). Ici, c'est un petit sonore fait avec mon smartphone ( oui le même que celui des photos ) à 17h... On y entend notre petit merle, un enfant dans la cour, un peu, de vent une conversation au téléphone, Une ambulance au loin, la fontaine d'eau pour le gazon et puis la douce mélodie en arrière plan de la musique d'une flûte. Les douces mélodies du plus grand virtuose de la flûte bansurî, Hariprasad Chaurasia, ( https://www.youtube.com/watch?v=egHCxISQG9o&t=1066s ) sont la musique préférée de notre petit merle qui vient se percher à la dernière branche de l'arbre qui fait face à notre petit balcon de citadins. Ca y est c'est le défi du jour pur notre copain le merle, dépasser en beauté le chant de la flûte, et c'est très très réussi. Merci à toi l'ami, tu enchantes nos oreilles. Keep going Birdy... A écouter au casque en fermant les yeux...

Bruxelles 25.4.2020

Petit extrait sonore de pigeons au centre ville de Bruxelles à 17 h par mon Smartphone made in China populaire, tiens tiens... ( le même smartphone que celui des photos ) + quelques photos au temps fort du confinement.

Pour la petite histoire:
Aujourd'hui, j'avais comme une envie de rendre hommage à mes compagnons de marches solitaire à travers un Bruxelles qui se la joue post apocalyptique.. Les pigeons, ces rats volants comme certains le pensent, compagnons des délaissés, des tout seuls.
Sur mon chemin, enfin au hasard, il y a ce monument incongru et hors du temps. Celui situé au bout des anciens quais des poissonniers lorsque Bruxelles était port de mer. Cherchez derrière l'église Ste-Catherine en face de Gaston , le glacier, voilà ça c'est pour la référence de maintenant. Alors ce Monument est un monument au mort typique première guerre mondiale, mélange de béton tout gris et d'art pompier. Sauf que là, il est érigé à la gloire de volatiles, héros pigeons morts en 14-18 pour la patrie. On ne peut savoir si nos copains ailés apprécient, mais curieusement on y trouve aucune fiente suspecte.

En fait, aujourd'hui, tout le monde s'en tape des pigeons morts pour la patrie. Et puis horreur à notre morale bobo, c'est devenu le repaire des vilains du coin, sorte de cour des miracles où coule à flot, la Cara pils, la Scotch et la Jupiler plus aristo parce que plus chère. On se gueule dessus, on se tape dessus, on s'embrasse, on s'aime au travers les semi coma alcooliques, alors vous pensez-bien, le confinement, le coronabrol. Et ca beugle en echt Bruxeller mixé de patois polonais qui se mélange au seul wolof présent puis se remélange en bulgare, en roumain et puis ca se repasse par quelques injures en flamand. C'est la zinneke parade assurée tous les jours, 7 jours sur sept. Seul endroit vivant, de chair et d'os, pendant ce confinement...Mais les pigeons et leur monument , oui enfin, c'est pratique on s'y assoit et on se torche la gueule tranquille. Et puis les pigeons, les paumés, les vieux, les demandeurs d'asile, les autres, enfin les laissés pour compte, tout ceux-là, pas très utiles à notre économie petit bourgeois.

Coïncidence, ces dates, toujours ces dates et cette atmosphère de fin de confinement. C'est y pas il y a 100 ans qu'a eu lieu cette épidémie nommée grippe espagnole. Elle a finit d'achever le boulot de cette boucherie inutile de 14-18. Quelques photos, mode touriste chinois en vadrouille. Je continue ma marche vers l'ancien hospice des Béguines, merveilleuse petite place au coeur de Bruxelles toujours en état de no man's land. Je sais, encore une autre fin de monde charmante. Je m'assois , prends quelques photos et enregistre le son des pigeons qui se goinfrent de pain. C'est le son que je vous transmets ici dans cette vidéo alimenté de ces photos de pigeons prises ces dernières semaines. Hommage donc à ces vaillants volatiles qui faisant office d'internet de l'époque ont sauvés des milliers de vies humaines d'une boucherie absurde.

Voici une de ces belles histoires d'héroisme.
l'histoire de "Cher Ami", héros de guerre qui a sauvé 200 vies humaines.
Le 3 octobre 1918, Charles Whittlesey et environ 550 hommes venant de 9 compagnies de la 77e division d'infanterie américaine formant ce qui sera nommé par la presse le Lost Battalion sont pris au piège dans une petite dépression sur le côté d'une colline proche des lignes ennemies, sans nourriture ni munitions. Ils commencent également à subir des tirs amis de la part des troupes alliées qui ne sont pas au courant de leur position. Cernés par les Allemands, plusieurs soldats sont tués ou blessés les deux premiers jours et seuls 200 hommes seront indemnes à l'arrivée des secours. Whittlesey envoie alors des messages par pigeon. Le premier pigeon, portant le message "Beaucoup de blessés. Nous ne pouvons pas évacuer." est abattu. Un second pigeon est envoyé avec le message "Les hommes souffrent. Pouvons-nous avoir un soutien?" et est lui aussi tué. Le dernier pigeon, Cher Ami, est alors envoyé, le 4 octobre portant dans une canule à sa patte gauche le message "Nous sommes le long de la route parallèle au 276.4. Notre propre artillerie fait un tir de barrage sur nous. Pour l'amour du ciel, arrêtez!".
Alors que Cher Ami vole vers sa maison, les Allemands l'aperçoivent et ouvrent le feu durant plusieurs minutes. Les hommes du Lost Bataillon voient Cher ami se faire toucher et tomber au sol, mais celui-ci reprend son vol. Il parvient à regagner son abri au quartier général de la division, couvrant 25 miles en 25 minutes (90 km/h), permettant de sauver la vie de 194 hommes. Durant cette mission, Cher Ami délivre son message bien qu'il ait été touché à la poitrine et à un œil, qu'il soit couvert de sang et qu'une de ses pattes ne tienne plus que par un tendon.
Cher Ami est alors le héros de la 77e division d'infanterie américaine, ce qui lui vaut des soins de la part des médecins du régiment. Ils ne furent pas capables de sauver sa patte, mais lui firent une prothèse en bois. Une fois sa santé retrouvée, Cher Ami fut rapatrié aux États-Unis par bateau, le général John J. Pershing assistant personnellement à son départ de France .

Voilà je regarderais mes compagnons de marche...autrement...